1.4 ) Les produits du commerce équitable

Publié le par Projet Tuteuré IUT B

1.4 Les produits du commerce équitable :

 

Il existe de nombreux produits issus du commerce équitable. A ses débuts, le commerce équitable proposait des produits de bases comme des produits agricoles. Dorénavant, il se développe et offre des produits alimentaires comme le café, le thé, le chocolat, le riz, les fruits frais ou bien les jus de fruits mais aussi artisanaux, et touche même la mode (chaussures équitable Veja " Regarde " en brésilien : http://www.veja.fr/ Maintenant, entre Nike, Reebok, Adidas et Veja, on a maintenant le choix. Faites le vôtre.
On ne pourra plus dire qu'on ne savait pas.

a) L'alimentaire


Actuellement, la partie alimentaire du commerce équitable est en pleine diversification : d’après l’étude consommateurs réalisée en 2004 par Alter Eco, 86% des personnes interrogées citent spontanément le café comme produit du commerce équitable, mais 35% citent aussi le chocolat en tablette, 34,6% le riz et 32,1% le thé. Le café labellisé Max Havelaar reste encore loin devant avec 156 références vendues en France, talonné par le thé qui en totalise 107 et reste le produit phare dans le commerce équitable car sa production se fait davantage dans les pays du Sud. Voir les graphiques ci-dessous :

 

Depuis mars 2003, les 139 restaurants de la chaînes Mac Donald’s Suisse proposent exclusivement à leurs clients du café équitable de la marque Aroma. Max Havelaar, précise : Nous ne labellisons pas McDo. McDo souhaite diffuser un produit issu du commerce équitable, et nous n’allions pas refuser cette opportunité. Notre objectif est de changer les mentalités dans le commerce international, pourquoi ne pas le faire à travers l’emblématique McDonald’s ? Il ne s’agit pas de frapper sur la « méchante » mondialisation, mais d’essayer d’atténuer les effets négatifs d’une mondialisation qui, de toute façon, est une réalité ». Le contrat de licence Max Havelaar passé avec Aroma (et non avec Mac Donald’s) ne diffère en rien des autres contrats de licence. Les conditions et obligations sont régies selon les standards internationaux du commerce équitable FLO.


En savoir plus sur ce sujet aller sur : http://www.maxhavelaarfrance.org/ressources/cp-mac-do.htm


Enfin, des produits non labellisés sont aussi vendus par des importateurs directs de la filière alternative comme la coopérative Andines qui propose en ligne ou en boutique spécialisée, confitures, fruits et légumes secs, huiles et vinaigres, infusions ... et même de la bière au quinoa ! Pour chaque produit, une fiche complète détaille comment les critères du commerce équitable sont respectés sur tous les plans (économique, social, environnemental). De son côté, Solidar’Monde a dans son catalogue une centaine de produits alimentaires, certains labellisés, d’autres non tels des mueslis, des petits gâteaux secs, de la semoule, des pâtes, des sauces...

Pour avoir des renseignements sur les produits agricoles et leur marché aller sur :
http://r0.unctad.org/infocomm/francais/indexfr.htm

 

b) Les vêtements


Beaucoup d’entreprises “ équitables ” se créent ces temps-ci dans le textile. Cette tendance s’explique par la mauvaise réputation du secteur textile traditionnel, premier concerné par les délocalisations.


Le coton :

Le choix de Max Havelaar de créer une filière coton équitable (sa première en dehors de l’alimentaire) ne doit rien au hasard : le coton fait vivre 15 à 20 millions de personnes en Afrique de l’Ouest, son cours mondial s’est effondré depuis 1995 et les producteurs des pays du Sud sont souvent contraints de vendre en dessous du coût de revient.


De même, le coton est une des cultures les plus polluantes de la planète. Responsable du quart des pesticides employés dans le monde, on estime qu’il contamine 25 millions de personnes par an, en plus de polluer les sols et les eaux.


De grandes marques du circuit classique, attirées par la forte demande pour des produits chargés de sens, s’apprêtent à commercialiser des vêtements fabriqués avec du coton équitable labellisé Max Havelaar. Le prix final n’est pas excessif dans la mesure où la matière première ne compte que pour 15 à 20% du coût d’un vêtement et des économies sont réalisées à d’autres stades de la filière. Le label “ coton équitable ” ne concerne que la plante, pas sa transformation, autrement dit le logo apposé ne signifie pas “ vêtement équitable ” mais “ vêtement à partir de coton équitable ”.


L’arrivée du commerce équitable dans le textile ne date pas de la labellisation du coton. Mais jusque là, les vêtements vendus dans les boutiques de commerce équitable se démarquaient par leur style plutôt traditionnel, voire folklorique.


De nouvelles générations d’entrepreneurs du commerce équitable essayent de travailler sur des styles, pour s’adapter aux goûts du consommateur du Nord et toucher un public plus large. La Plate-forme compte à la fois des importateurs classiques de vêtements dessinés au Sud, comme Azimuts - Artisans du Népal, Artisanat SEL, Echoppe-Artisans du Soleil, Solidar’Monde, et des représentants de cette nouvelle génération tels qu’Ethos ou encore Ideo.


c) L’artisanat


L’artisanat est aussi présent depuis l’origine dans le commerce équitable. L’association américaine Ten Thousand Villages, membre de l’IFAT) suivie par d’autres magasins du monde avait ouvert la voie dès les années 50. La sélection d’articles se fesait souvent en fonction des voyages des fondateurs, qui ramenaient des statuettes, tambours ou autres, ce qui illustrait à la fois de l’identité culturelle et des difficultés économiques des producteurs du Sud.


Les exigences du commerce équitable (prime de développement, pré-paiement des commandes, relation commerciale durable, respectueuse de l’environnement et de la dignité humaine...) sont les mêmes pour cette activité. Reste encore à convaincre le consommateur occidental d’acheter ces produits. Pendant longtemps, les boutiques spécialisées écoulaient de petites quantités auprès d’un réseau de militants attachés en premier lieu à la valeur sociale du produit.


La boutique Alter Mundi revendique aussi une gamme “ originale et très design ” en rupture avec l’image traditionnelle des produits ethniques. Sa sélection donne néanmoins la priorité à des produits réalisés par des artisans ou petites entreprises du Sud “ se distinguant par des pratiques sociales et environnementales responsables ”. Très consciente que la majorité de ses clients achètent le plus souvent sur un coup de cœur, cette entreprise d’insertion ne se dit pas tout à fait équitable, mais plutôt “ éthique, ethnique et chic ” !


C’est une tendance qui se retrouve également auprès des membres de la Plate-forme, qui travaillent de plus en plus avec des designers comme Artisal, Artisanat-SEL, Sira Kura, Solidar’Monde ou la Boutic Ethic.


d) Les cosmétiques


Certains acteurs tente d'allier cosmétique et éthique. Ethis sort des produits d’hygiène corporelle sous la marque Thémis (savons, shampoings, gels douche...) labellisés Max Havelaar parce qu’ils sont fabriqués à partir de beurre de cacao ou de canne à sucre labellisés. La marque a aussi choisi de vendre des produits équitables non labellisés dont elle contrôle elle-même les producteurs. “ On voulait avoir le label pour la garantie que cela représente vis à vis du consommateur mais dans la pratique il n’y a pas de raison qu’il y ait un monopole ”, explique la dirigeante.


A travers différents sites internet du commerce équitable, il est possible de trouver des soins pour le corps fabriqués dans des conditions équitables, notamment des huiles de massage dans le cadre de la campagne pour le reboisement de l’Amazonie.


e) Le tourisme


Le tourisme est devenu l’une des premières industries de la planète et il a comme beaucoup de secteurs, créé des excès liés à sa massification : des formules “ tout compris ” bon marché pour lesquelles les opérateurs compriment les salaires au maximum, des séjours de découverte des populations indigènes qui s’apparentent parfois à une visite au zoo, sans parler du tourisme sexuel et des autres formes d’exploitation humaine.


Cependant, de plus en plus de consommateurs, sont à la recherche d'authenticité, et ont décidé d’assumer leurs responsabilités et ont développé dans le même état d'esprit que la consommation de produits équitables, des formes de tourisme alternatif : écotourisme, ethnotourisme, tourisme solidaire, éthique, durable... et équitable.


Une charte “ tourisme équi-table ” a été rédigée par les membres de la PFCE en 2002. La définition du tourisme équitable donnée par la charte est la suivante : “ un ensemble d’activités de services, proposé par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables et élaboré par les communautés d’accueil, autochtones ou du moins en partie avec elles. Les communautés d’accueil participent de façon prépondérante à l’évolution de la définition de ces activités, à leur gestion continue, et partagent équitablement les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités ”.


La transparence sur la répartition du coût du voyage, fait aussi partie de la démarche : généralement un pourcentage est prévu pour financer des projets de développement.


Le tourisme durable, lui, est défini par l’Organisation Mondiale du Tourisme comme une activité exploitant de façon optimale les ressources de l’environnement, respectant l’authenticité socio-culturelle des communautés d’accueil et assurant une activité économique viable sur le long terme.



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